Bienvenue

Bonjour et Bienvenue à toutes et à tous sur le blog du projet "Correspondance d'Autrefois". L'aventure commence avec 23 participantes, un magnifique panel de 27 personnages et 15 passionnantes correspondances à suivre...


Au moindre soucis, vous pouvez nous laisser un message ici, sur nos blogs: Eiluned (Le Dévore Tant...) et Alice (Jane Austen is my Wonderland) ou par mail.

A très bientôt pour suivre toutes ces belles lettres...

5 oct. 2011

Swap Anniversaire de Lizzy à Elinor

   Ma chère Elinor,

   Le temps me manque pour vous écrire, et je crains que vous souffriez du même problème... Que de choses pourtant, aurais-je à vous conter! Mais ce n'est pas l'objet de cette missive et de mon envoi.
   Vous fêterez bientôt en famille votre anniversaire et je tenais à vous envoyez de petites choses à cette occasion. J'espère que mon paquet vous apportera de la joie.

   Votre amie,
   Elizabeth

   Alors, comme vous pouvez le voir, j'ai été gâté!! Le paquet contenait:
  • 3 livres: Wives and Daughter d'Elizabeth Gaskell, 33 Great Writers on Why We Read Jane Austen et Pride and Prejudice and Jasmine Field.
  • 2 Goodies fait maison!!!! Une jolie bague camée Jane Austen et une magnifique pochette cousue des blanches mains de Mélanie!
  • 1 Gourmandise: Une tablette de chocolat déjà presque finie :)
Merci encore Mélanie/Eiluned/Lizzy!

Deuxième Lettre de Lizzy à Elinor

Août, Longbourn,


        Ma très chère Elinor,


   Saurez-vous me pardonner mon silence? Tant de choses affreuses se sont produites ces derniers jours... J'ai jeté des dizaines de fois les lettres que je vous ai écrites. Au début, ce n'était que pour garder une certaine honte vis-à-vis de certaines choses, mais maintenant que l'opprobre guette ma famille, j'ai besoin de me tourner vers vous et de vous écrire ma chère amie.
   Laissez-moi avant tout réagir à votre charmante lettre, que j'ai relu maintes fois et qui ces derniers jours, m'a quelque peu réconforté. Peut-être abuserais-je de votre hospitalité si les choses ne s'arrangent pas pour nous.
  
   Les agissements de votre belle-mère m'inquiètent fortement. Cela cache t-il quelque chose? Je ne saurais trop vous conseiller de vous méfier! Elle me rappelle un peu Lady Catherine de Bourgh, que j'ai eu l'occasion de connaître durant ce séjour étrange que je fis chez mon amie Charlotte. Les femmes de ce tempérament vous réserve bien des surprises, j'en ai peur. Et leur désir de régenter le monde est des plus forts.
   Je suis si heureuse de lire qu'Edward et vous avez pu passer quelques moments privilégiés ensemble à Londres. Votre couple est un modèle de réussite, et comme j'aimerais que cela se termine ainsi pour tous les amoureux que je peux connaître... Faites attention à Margaret ma chère, peut-être faut-il effectivement l'emmener avec vous. Je ne saurais que trop bien vous recommander de veiller sur elle avec affection et sévérité, le manque de règles peut-être dramatique sur une jeune fille. Vous allez dire que je suis bien sibylline, et vous aurez raison.
   Tant de choses se sont passées Elinor, si vous saviez! Il me semble que le meilleur moyen est d'en parler de manière construite, ce qui en ce moment est bien difficile pour moi. La maison paraît plongé dans le chaos! Repartons donc en arrière si vous le voulez bien, à mon séjour chez Charlotte et son fâcheux époux.
   Mr Darcy, la dernière fois que je vous en parlais, c'était pour le vilipender et vous exprimer tout mon mépris pour lui. Lors de ce séjour à Rosings, il s'est comporté de bien étrange manière, et a recherché ma compagnie. J'étais loin de me douter de ce qui allait se passer. Et la surprise est venue, sous la forme d'une bien étrange demande en mariage. Loin d'être agréable, je dois avouer que je fus bien humiliée par la chose. Vous savez bien que je suis un peu orgueilleuse, malheureusement, et entendre cet ombrageux homme dire qu'il m'aimait contre son gré et ce malgré ma fâcheuse famille, fut vraiment difficile à vivre! Je fus odieuse avec lui. Pour ma défense, je venais d'apprendre par son cousin qu'il avait encouragé son ami Mr Bingley à ne pas courtiser Jane. Sans compter son attitude avec Wickham.
   Il fut terriblement blessé, Elinor, je le crains. Et sa réponse vint sous la forme d'une lettre, qui m'apprit toute la vérité sur celui que je croyais plus qu'apprécier. Wickham! Ce nom me fait frissonner de dégoût maintenant. Les choses sont bien contraires à ce que je croyais. Il était certes le protégé du père de Mr Darcy, mais à sa mort, il a refusé la cure qui lui revenait de droit et a préféré de l'argent, qu'il a dilapidé! Non content de se montrer frivole, savez-vous qu'il a tenté de séduire et d'épouser Miss Darcy? Pour sa fortune? Voilà la seule et unique raison du comportement glacial de Mr Darcy vis-à-vis de Wickham... Et moi qui le défendais... Comme je fus stupide.
   Je n'ai pas pu m'excuser auprès de Mr Darcy, à peine m'avait-il donné sa lettre que lui et son cousin partaient. De mon côté, je n'ai pas tardé à regagner Longbourn, où les choses n'avaient guère changé en mon absence. Lydia et Kitty étaient toujours aussi inconséquentes et ma mère, toujours aussi peu digne. Vous savez que je l'aime, mais combien son attitude peut être puérile! Lydia fut invitée à se rendre à Brighton pour suivre la milice, par une amie mariée, et j'ai beau eu vouloir empêcher cela, père a préféré être débarrassé d'elle plutôt que de se montrer raisonnable... SI j'avais su, je me serais montrée plus persuasive, et j'aurais sans doute parlé du comportement de Wickham à tout le monde, et non pas seulement à Jane.
   Pour ma part, je suis partie avec mes chers oncle et tante les Gardiner, pour un voyage dans le Derbyshire. Nous avons visité Pemberley, et vous devinerez bien qui nous avons croisé... Mr Darcy. Encore et toujours. Alors qu'il ne devait revenir que le lendemain! Il s'est montré des plus charmants, je vous l'assure, et je me suis mise à regretter mon attitude envers lui. Il nous a témoigné le plus grand respect et comblé par ses attentions diverses. J'ai eu le plaisir de rencontrer sa soeur, timide, et pourtant si gentille. La pauvre, après le grand chagrin qu'elle a vécu à cause de Wickham!
   Ce séjour idyllique aurait pu bien se terminer, et j'avais même eu l'occasion de revoir Mr Bingley, qui accompagnait Mr Darcy. Mais savez-vous ce que Lydia a fait? Vous le devinerez sans doute... Elle s'est enfuie avec Wickham! Et Mr Darcy était présent lorsque j'ai lu les lettres envoyées par Jane. Il sait tout. Il sait à quel point nous ne sommes plus fréquentables désormais, éclaboussées que nous sommes par la conduite déraisonnable de notre soeur.
   Je suis rentrée chez nous bien sûr, et nous attendons des nouvelles. Père est revenu de Londres où il était parti à la recherche des deux fugitifs... Sont-ils mariés? J'en doute.
   Vous savez tout Elinor. Dois-je avouer également que je commençais à resentir un certain attachement pour Darcy? Que je me rends compte que j'ai perdu quelque chose qui aurait pu être précieux? Et que Jane, elle aussi, est perdue à jamais pour Bingley? Qu'allons-nous devenir quand notre père viendra à mourir? J'ai très peur de l'avenir Elinor.

   Je vous laisse, il me semble entendre un courrier, peut être de bonnes nouvelles, enfin! Ne tardez pas trop à me donner de vos nouvelles, elles seront sans doute un peu d'air frais dans ma pénible existence.

   Avec toute mon amitié,
      Elizabeth

Post Scriptum: J'ai finalement retardé l'envoi de ma missive pour vous faire part de la nouvelle. Il semble que Lydia et Wickham vont finalement convoler en justes noces, si l'on peut les qualifier ainsi... Ma mère est intenable, mais néanmoins, je suis quelque peu soulagée. Si peu... Je vous laisse, je dois essayer d'empêcher père de s'enfuir devant tant d'agitation. A très vite ma chère amie.

4 oct. 2011

Quatrième lettre de Frances Sainsburry à Constance Montgomery

Très chère Constance,

Il est fort probable que les mots que je pourrais employer seraient insuffisants pour décrire l'indignation que j'ai pu ressentir en vous lisant. J'imaginais qu'une femme capable de tant de perfidie ne pouvait être qu'un personnage de roman. C'est d'ailleurs à cela que votre récit me fait penser, à un roman. Oh, quelle extraordinaire coïncidence ce pourrait être si ce jeune homme avec lequel Emily a tenté de vous compromettre était votre sauveur de l'autre soir ! Ce doit être forcément lui ! Je crois me rappeler que l'une de nos voisines, qui se rend souvent à Londres, a évoqué un jour cet homme comme le plus beau parti du moment. Elle en fit à peu près le même portrait. Serait-il possible que vous soyez également sous son charme, chère cousine ? Comme j'aimerais être à vos côtés pour vous aider dans vos investigations ! Néanmoins j'ose espérer que ce sera bientôt le cas, comme vous le suggérez. Je suis si heureuse que James trouve enfin le bonheur qu'il mérite après tant de déconvenues ! Je souhaite seulement qu'Emily se comporte de manière plus décente lorsqu'elle fera partie de notre famille. Enfin, si cela est nécessaire pour que votre frère connaisse un mariage heureux, il faudra bien nous en accommoder.

Je vous pardonne bien volontiers votre retard, le mien étant plus grand encore. Ces dernières semaines, mon temps a été occupé à esquiver les visite de Lord Henry. J'ai passé mes journées à guetter sa venue afin de pouvoir m'enfuir par l'arrière de la maison à l'instant où son cheval ou sa voiture apparaissait à l'horizon. Père m'a à plusieurs reprises reproché cette attitude et j'ai dû invoquer le superbe temps ainsi que mon étourderie en guise d'excuses. Heureusement, une excellente nouvelle est venue me délivrer de ce fardeau. En effet, Lord Henry a été invité à passer quelques semaines dans le Kent auprès d'amis. Nous espérions nous-même recevoir une invitation à Bath chez ma sœur. Malheureusement elle nous a écrit pour annuler sa proposition car elle attend un enfant et se trouve indisposée par sa grossesse. La joie d'accueillir bientôt un petit neveu ou une petite nièce a largement compensé la déception de voir ce voyage reporté.
J'ai également une toute autre nouvelle qui, je n'en doute pas un instant, va vous surprendre. Je suppose que vous n'avez pas oublié mon altercation avec Mr Temple. Deux jours après cette mémorable soirée, je reçus un billet. Je supposai d'abord qu'il venait de Margaret et trouvai alors étonnant qu'il ne fut adressé qu'à moi. Mais je fus plus surprise encore en y voyant une écriture et un cachet qui m'étaient inconnus. Cette surprise atteignit son paroxysme lorsque j'en lis le contenu, que je vous livre dans son intégralité :
« Mademoiselle,
J'ose imaginer votre étonnement devant l'audace dont je fais preuve en vous écrivant, et de cela, je vous prie de me pardonner. Depuis notre rencontre, je n'ai cessé de me remémorer l'inqualifiable conduite que j'ai eue à votre encontre et vis-à-vis de laquelle vos griefs étaient tout-à-fait justifiés. Je ne vous demande nullement de me pardonner un tel affront, dont j'éprouve moi-même la plus grande honte. En vous écrivant, je désire uniquement vous assurer que ces paroles désobligeantes que vous avez surprises n'ont été l'effet que d'un discours trop léger tenu entre deux membres d'une même famille qui se retrouvaient et non d'un manque de respect volontaire à votre égard. Je vous supplie cependant de ne pas en tenir rigueur à mon cousin, qui n'a eu de cesse de vous défendre avec une grande vigueur. Sachez que je suis tout disposé à vous renouveler mes excuses en personne si vous en avez le désir et j'espère que l'avenir me donnera l'occasion de vous prouver que ces paroles si désobligeantes valent moins que l'homme qui les a prononcées.
Avec mes meilleurs sentiments,
Charles Henry Temple. »

Vous le savez, chère cousine, je ne suis pas rancunière. Après avoir fait comprendre à cet homme ma manière de penser, j'étais plus disposée à le côtoyer de manière formelle. L'arrivée de cette lettre est cependant parvenue à faire évoluer mes sentiments en sa faveur. J'étais aussi étonnée que touchée, particulièrement par sa volonté de défendre Lord Henry, bien que je ne sois pas dupe, ayant assisté à tout leur échange. C'était tout de même le signe que j'avais affaire à un homme de principe, contrairement à ce que j'avais cru. Je tins tout de même à l'éprouver et lui répondis par écrit que j'étais prête à entendre ses explications en personne. Je désirais savoir s'il était réellement prêt à agir de la sorte ou s'il savait seulement bien s'exprimer par écrit. Figurez-vous, Constance, qu'il le fit ! Quelques jours plus tard, au cours d'une partie de campagne réunissant tout le voisinage, nous parvînmes à nous isoler quelques instants pour cet entretien. Sa voix était moins assurée que son style épistolaire et il me sembla quelque peu différent du Mr Temple aimable et presque charmeur que j'avais aperçu à la soirée. Ses explications étaient gauches et décousues mais sa physionomie exprimait une telle sincérité que je ne pus faire autrement que lui pardonner. Je me suis par la suite demandée si je n'avais pas accordé ce pardon de manière trop rapide. Pensez-vous qu'il m'aurait fallu l'ignorer encore un peu plus ? Quoiqu'il en soit, il ne m'a pour le moment donné aucune raison de le regretter, et je souhaite sincèrement que cela ne change pas, car il est d'une très agréable compagnie.

Je vous quitte, en espérant avoir très prochainement de vos nouvelles. Surtout, continuez à vous méfier d'Emily !

Avec toute mon affection,

Fanny

25 sept. 2011

Dernière lettre d'Amelia Wilson à Fiona Finnegan

Amelia Wilson

5 Bedford Square

Londres

Londres, le 21septembre 1899

Fiona,

Cette lettre sera très certainement la dernière que vous recevrez de ma part, mais je tenais à vous souhaiter un très heureux anniversaire. J'espère que le petit présent qui accompagne cette missive vous fera plaisir. Je ne pense cependant pas poursuivre cette correspondance, qui n'en a que le nom puisque je suis la seule à écrire. Je m'étais illusionnée en pensant que vous aimeriez échanger, comme vous l'aviez demandé, des lettres à intervalles réguliers. Vous êtes certainement trop prise par vos responsabilités et votre vie new-yorkaise pour trouver le temps d'écrire à une simple demoiselle de compagnie. Je préfère donc briser là ce qui ne fut guère qu'un jeu à sens unique, et vous rendre ainsi votre liberté.

Prenez soin de vous. Tous mes vœux de bonheur et de réussite vous accompagnent.

Amelia